lundi 31 mai 2010

débordé !!!

je pensais avoir l'envie et le temps de poursuivre une activité para-professionnelle.
Pour le moment, entre le vélo le matin (pour maintenir la forme et les genoux en bon état) et la pétanque l'après-midi, il me reste à peine le temps de taper sur les gouges avec le maillet.
Il va falloir que je trouve le temps de regarder la coupe du monde de foot-ball.

Il faut dire, aussi, que je n'ai pas trouvé un lectorat motivant.

mardi 2 mars 2010

L'éducation à l'éducation, suite

... sur un registre un peu différent : voir l'article dans le supplément économie du Monde du 2 mars, "Petite enfance, capital humain et inégalités".

L'auteur, Thibault Gajdos, évoque un projet de décret qui a été approuvé par le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales. Les mesures proposées visent à économiser sur le fonctionnement des structures d'accueil de la petite enfance en réduisant la part minimale des personnes qualifiées et en augmentant le nombre d'enfants pris en charge par personne.

La conclusion de l'auteur est que ce décret « en privilégiant la quantité sur la qualité, [] modifie à la fois le niveau et la répartition de la production de "capital humain" dans notre pays ».

Dans 10, 15, 20 ans on constatera très probablement une nouvelle aggravation des inégalités éducatives, de l'échec scolaire et, finalement, de la mauvaise adéquation des compétences aux besoins de l'économie et de l'évolution technologique.
Il sera temps de pleurer sur le déclin ou sur l'échec de la « société de la connaissance ».

dimanche 10 janvier 2010

L'éducation à l'éducation

Les systèmes éducatifs français et, pour ce que j'en sais, dans la plupart des pays de l'OCDE «buttent» depuis 30 ans à assurer une progression du niveau global de la formation des jeunes. Une limite aurait été atteinte, par exemple le nombre de jeunes bacheliers ? malgré les politiques volontaristes qui se sont succédées, soit au niveau national, soit au niveau européen («stratégie de Lisbonne»).

La thèse que je veux exposer est que cette situation est, en fait, acceptée et implicitement voulue. Les travaux prospectifs sur l'emploi menés au milieu des années 2000 montrent un consensus sur la bipolarisation des besoins :
  • des emplois de plus en plus qualifiés, d'une part,
  • le maintien d'un volant important d'emplois non qualifiés, d'autre part.
Ce second besoin, associé au vieillissement de la population (pour être très clair : il n'y a pas besoin de faire des études poussées pour torcher les vieillards dans les maisons de retraite), justifie socialement, à mon sens, le blocage du système éducatif.

Pour modifier cet état de fait, il faudrait une politique d'éducation à l'éducation, visant notamment les futurs et nouveaux parents*. Il m'a été objecté qu'une telle politique serait attentatoire à la responsabilité et à la liberté individuelle des parents. Oui, certainement ... mais serait-ce très différent de l'éducation à l'hygiène, de l'accompagnement de la grossesse, des conseils en matière de santé ou d'alimentation des bébés prodigués aux jeunes mères, etc. ? Ces questions qui semblent aller de soi dans nos sociétés occidentales ne datent que de quelques générations, tout au plus un ou deux siècles.

L'idée de reconnaître que le bébé est une personne, en tout cas un être capable de communiquer dès la naissance, voire avant, a 30-40 ans (merci à Françoise Dolto**). Cette idée n'est, d'ailleurs, pas partagée par toutes les couches de la société et, semble-t-il, pourrait régresser. En revanche, elle a montré qu'il est possible en quelques années de modifier le comportement des familles et des professionnels sur un sujet où les préjugés sont construits et transmis depuis des millénaires.

Par ailleurs, il est connu que les meilleurs résultats scolaires sont obtenus par les familles d'enseignants. Ce corps n'est pas constitué depuis suffisamment de générations pour qu'on puisse estimer qu'il y a sélection naturelle ... que les enfants d'enseignants seraient, par nature, plus aptes que les autres à bénéficier de l'enseignement.
Il y a évidemment une très forte dimension sociale dans les échecs scolaires, mais les résultats dépendent d'autres facteurs comme la région, le sexe, etc. Autrement dit, la «fatalité» est relative et, donc, peut être combattue.

J'en reviens à ma thèse initiale. Si cette situation perdure depuis 30 ans ... c'est qu'elle est globalement acceptée et implicitement voulue par certains. Il n'est qu'à voir les cris d'orfraie poussés à propos du seuil de 30% de boursiers dans les grandes écoles pour se rendre compte que Coluche a toujours raison : certains sont plus égaux que les autres !

Une sous-thèse porte sur l'éducation des garçons. L'idée est que l'attente des familles vis-à-vis des garçons, encore plus s'ils sont les ainés de la fraterie, va les handicaper sur le plan scolaire. Selon les milieux et leurs préjugés cela fonctionnerait de manière opposée mais aboutirait à des résultats similaires. Soit, le milieu estime que les garçons vu leur rôle futur de producteur manuel n'ont pas besoin d'apprendre à l'école***, soit, le milieu leur demande de produire des résultats largement au-delà de leurs aptitudes du moment. Dans tous les cas, cela produit les échecs scolaires observés.

En outre, tant que le débat restera cantonné au rôle de l'école et des enseignants cela signifie, à mes yeux, qu'il n'y a pas de volonté politique et sociale de changer la situation. En effet, cela revient à occulter le rôle des parents et, surtout, que celui-ci peut faire l'objet d'un apprentissage.
Le débat au niveau de l'école présente également l'immense avantage socio-politique d'avoir désigné les «coupables».

En guise de conclusion provisoire, je trouve qu'il serait largement temps de se préoccuper de l'école de la «première chance», c'est à dire l'école des parents - comme disait Makarenko - alors que l'école de la «deuxième chance» n'est qu'une mesure de mauvaise conscience.



*) «une jeune mère reçoit à la naissance de son premier enfant des conseils pour assurer sa santé et son alimentation ... mais rien sur l’éducation». Jean-François Amadieu au cours de l’émission « 7-9 » de France Inter du 24 mai 2008 avec Fadela Amara.
**) et beaucoup d'autres ...
***) voir les travaux québécois, déjà cités, qui proposent des pistes corrèlant stéréotypes sexistes, niveau d’éducation des parents et différences de réussite des garçons et des filles - articles de Pierrette Bouchard et Jean-Claude ST-Amand.

dimanche 27 décembre 2009

La complexité des simplifications - Java

Le titre « La complexité des simplifications » appartient à une personne que j'avais rencontré il y a une dizaine d'années dans le champ des organismes de la sécurité sociale.
Depuis, j'ai retrouvé ce « concept ou objectif » dans divers domaines, par exemple en informatique, mais il y en a d'autres.

J'ai programmé en Fortran (il y a longtemps), en VisualBasic (intégré à Excel) et quelques autres langages.

Depuis 3 ans je fais du Java, du Struts et du Javascript avec un serveur Tomcat dans Eclipse. Je fais ça de manière épisodique pour la maintenance d'un outil qui fonctionne sur internet. J'ai fait de l'auto-formation à partir d'un programme développé par un collègue et en utilisant la documentation sur internet et les forums. J'ai à peu près toujours trouvé une solution pour obtenir ce que je voulais mais ...

Eclipse et Tomcat sont très biens. Il y a des tutoriaux bien faits, y compris en français.

En revanche, Java et Struts représentent des sommets dans l'art de la complexité - je ne suis même pas sûr que la législation soit plus compliquée !
Si j'ai bien compris, un des objectifs des concepteurs de Java était d'obliger les développeurs à faire une programmation «propre». Malheureusement, ça ne veut pas dire simple ... le résultat c'est qu'on passe beaucoup de temps à chercher les explications de messages plus ou moins en rapport avec ce qu'on veut faire.

On dit que les grands esprits se rencontrent. Ce que je vois est un peu différent. Plusieurs esprits créatifs essaient de résoudre un problème plus ou moins identique au même moment. Les mieux organisés vont construire une solution relativement générique (une bibliothèque de fonctions, mais le must serait plutôt maintenant un «framework» ... c'est à dire des fonctions plus une couche spécifique d'enrobage).
Le résultat ? une grande perplexité pour ceux qui ne sont pas tombés dedans quand ils étaient tout petits.
Quant à la sécurité induite par la «propreté» ... il n'y a que les obsédés anti-Microsoft pour y croire.

mercredi 23 décembre 2009

Les garçons victimes du sexisme ?

Evidemment, les premières victimes du sexisme sont les filles et les femmes.

La question est de savoir si les stéréotypes masculins et l'élitisme de l'éducation ne conduisent pas soit à «casser» les garçons soit à en faire des technocrates ... finalement assez stupides - même s'ils ont réussi une grande école. Il n'y a qu'à voir l'état actuel de nos sociétés et de l'économie, notamment l'enchaînement des crises, pour se rendre que les dirigeants sont loin d'être parfaits. Le plus désespérant étant que manifestement les expériences, les échecs, ne sont pas analysés.

Il n'y a pas de droit à l'erreur. Soit il faut trouver un coupable, soit le dirigeant qui reconnaît son erreur est viré. Le mécanisme pédagogique de l'apprentissage n'est pas accepté.

Le problème est que ce fonctionnement semble appliqué à l'éducation des petits garçons, par la famille et par l'école. L'école n'est pas un lieu hors du temps et de la société et les enseignant(e)s sont eux-mêmes porteurs d'une éducation et des stéréotypes qui leur ont été transmis par leur famille et l'école.

Quelques références - outre le site « Olympe et le plafond de verre » :

vendredi 18 décembre 2009

Management ... fin

Pourquoi, si j'ai de si bons souvenirs du PCF, l'ai-je quitté en 1978 ?

Pour mémoire, à l'automne 1977, la direction du PCF a lancé une campagne pour mettre à jour le programme commun de gouvernement. En fait, elle a essayé un bras de fer avec le PS dans la perspective des législatives qui se sont tenues au printeps 1978 ... et elle l'a perdu et a probablement entraîné la défaite de la Gauche à l'époque.

Ce que je n'ai pas admis, c'est l'explication apportée à la défaite. Le parti n'était pas «responsable», mais c'était la faute du PS qui n'était pas assez à gauche !
Pour moi, ce déni de responsabilité n'était pas admissible. On ne peut pas prétendre être révolutionnaire et en même temps affirmer qu'on n'est pas responsable de ce que l'on fait.

Je reconnais bien volontiers qu'une explication honnête aurait été difficile ... mais de toutes façons c'était aussi le début de la fin.
Ensuite, début 1979, il y a eu un épisode que j'ai trouvé assez drôle : la direction du PCF a lancé un débat interne* sur le thème : «la parole est à la base, proposez vos idées» mais dans les réunions auxquelles j'ai assisté la majorité des camarades demandaient «quelles sont les propositions de la direction, quelle est la ligne du parti ?». Beau dialogue de sourds !

*) je n'étais plus «encarté», mais j'ai participé à qqs réunions.

mercredi 16 décembre 2009

Management V

L’intellectuel collectif … et intelligent*.

Pendant ces années de militantisme au PCF, je pense avoir rencontré (et participé à) un intellectuel collectif.
Toutefois, il y a quelques conditions :
- partager un objectif commun. Les polémiques avec les gauchistes, par exemple, ne m’ont jamais apporté sur le contenu de la réflexion,
- un nombre minimal de personnes acceptant de réfléchir de manière ouverte «à haute voix ? » . Autrement dit, il y a un effet de seuil,
- je pense mais je n’en suis pas sûr, qu’il faut aussi avoir la volonté collective d’agir. Ce qui n’est qu’une des facettes de l’objectif commun ? En tout cas, discuter pour discuter me semble beaucoup moins productif.

Dans un contexte différent, longtemps après, j’ai pu travailler dans des intellectuels collectifs, voire faire fonctionner une équipe de chefs de projet sur ce mode. A ma connaissance, nous nous en étions bien trouvés, sauf un ou deux qui étaient insécurisés**.

*) il y a assez d’ “idiot collectif”.
**) dans le PCF, il y avait aussi des camarades qui ne souhaitaient que «appliquer la ligne du Parti». Complexe d’infériorité ? Peur du risque et, surtout, de la remontrance ? … la suite à propos de l’éducation.