lundi 14 mars 2011

Réflexions sur la formation professionnelle

Quand j'ai commencé à travailler sur le sujet, en 2003, je n'avais aucune compétence personnelle sur le sujet.
La direction d'administration centrale, où j'étais, n'avait pas de compétence institutionelle. Avec le recul, ces non compétences étaient une chance car elles permettaient d'aller vers les acteurs sans a-priori et sans complexe. Il y avait un risque d'enfoncer des portes ouvertes, de réinventer l'eau tiède, voire de se faire manipuler.
La manipulation peut être de bonne foi, notamment quand les gens rencontrés sont très impliqués. En l'occurence, il y a les formateurs et leurs organismes.

Quand je suis arrivé, le sujet était limité à la réforme de l'apprentissage dont Renaud Dutreil - secrétaire d'Etat aux PME - avait été chargé. Mes collègues avaient commencé les travaux depuis 6 mois.
Trois semaines après mon arrivée, j'ai été envoyé à une réunion d'un comité national (le CCPRA*) chargé de suivre, entre autres, l'apprentissage. Et là, petite catastrophe, la présidente de ce comité annonce sa démission et met en cause Renaud Dutreil qui avait oublié, dans la concertation, les conseils régionaux et le CCPRA. Il y avait d'autres raisons à la démission, mais je les ai oubliées.

Cette réforme de l'apprentissage, qui en a permis une relance certaine mais limitée, a soulevé des ambiguïtés et des questions :
  • quelle est la place de l'apprentissage dans les dispositifs de la formation professionnelle? Est-ce qu'il est possible de modifier le nombre d'apprentis sans conséquences sur les autres voies de formation? 
  • est-ce que les conceptions de la formation initiale et de la formation continue sont pertinentes? Est-ce que ce ne sont pas essentiellement les mécanismes de financement des appareils de formation qui structurent ces conceptions (en tout cas, a posteriori)?
  • qui devraient être les prescripteurs? Les institutions, notamment les conseils régionaux, ou d'abord les entreprises et les besoins prospectifs du marché du travail? Est-ce que l'Education nationale n'est pas, de fait, l'arbitre principal de l'offre de formation?
Il faudra(it) aussi parler de la taxe d'apprentissage qui, à mon avis, est plus simple qu'il n'y paraît, notamment quand on a pratiqué le Sudoku :-).

Ce post aurait plutôt du être intitulé "Introduction à des ...". L'avenir dira si j'ai dépassé le stade des bonnes intentions.

*) CCPRA : Comité de coordination des programmes régionaux d'apprentissage (devenu le CNFPTLV)
CCI : Chambre de Commerce et d'Industrie
CMA : Chambre des Métiers et de l'Artisanat

mercredi 2 mars 2011

Retour à la campagne 2

Pourquoi "retour" ?

Parce que Roselyne et moi avons vécu nos premières années à la campagne. Moi, à Montigny sur Crécy dans l'Aisne, à côté de Crécy sur Serre au nord de Laon, de 3 à 7 ans. Avant, j'ai habité à Vierzy, au sud de Soissons. Dans les deux cas, mes parents, instituteurs, bénéficiaient d'un logement de fonction avec un grand jardin.

J'ai quelques souvenirs de Vierzy : la maison, probablement une longère, était en bas d'un talus.
De la rue, il fallait descendre un escalier. Sur la gauche, dans la descente, il y avait une salle de classe où officiait ma mère. Mon père enseignait ailleurs dans le village. Je me souviens aussi de bennes sur des câbles qu'on voyait dans certains endroits du village, mais je ne sais pas ce qu'elles transportaient - probablement des pierres. Pendant les beaux jours, nous allions promener dans un petit bois qui devait se trouver de l'autre côté de la rue où nous habitions.

A Montigny, il n'y avait que de l'agriculture : des champs et des pâtures tout autour du village, quelques bois visibles sur la route de Crécy. Au printemps nous allions cueillir des pissenlits. Avec un copain, j'ai appris à ma sœur à faire du vélo dans un chemin de terre.

mardi 1 mars 2011

Retour à la campagne

Est-il possible de trouver une maison en bord de ville avec vue sur les bois ?
Des amis m'avaient assuré que c'était un rêve impossible en France aujourd'hui.



Il n'y a pas encore de feuilles aux arbres et nous ne sommes pas encore installés en permanence, il faudra donc attendre quelques semaines pour voir la suite.

... j'avais oublié comment publier une vidéo sur internet pour l'intégrer dans le blog. Il a fallu recréer un compte YouTube. J'avais déjà créé un compte il y a plus d'un an ... mais je ne sais plus sur quel site, ni quels étaient les paramètres. Je n'avais pas noté et la mémoire me fait défaut.

vendredi 13 août 2010

Test

Démonstration pour Elsa.
Envoyé de mon iPhone

lundi 31 mai 2010

débordé !!!

je pensais avoir l'envie et le temps de poursuivre une activité para-professionnelle.
Pour le moment, entre le vélo le matin (pour maintenir la forme et les genoux en bon état) et la pétanque l'après-midi, il me reste à peine le temps de taper sur les gouges avec le maillet.
Il va falloir que je trouve le temps de regarder la coupe du monde de foot-ball.

Il faut dire, aussi, que je n'ai pas trouvé un lectorat motivant.

mardi 2 mars 2010

L'éducation à l'éducation, suite

... sur un registre un peu différent : voir l'article dans le supplément économie du Monde du 2 mars, "Petite enfance, capital humain et inégalités".

L'auteur, Thibault Gajdos, évoque un projet de décret qui a été approuvé par le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales. Les mesures proposées visent à économiser sur le fonctionnement des structures d'accueil de la petite enfance en réduisant la part minimale des personnes qualifiées et en augmentant le nombre d'enfants pris en charge par personne.

La conclusion de l'auteur est que ce décret « en privilégiant la quantité sur la qualité, [] modifie à la fois le niveau et la répartition de la production de "capital humain" dans notre pays ».

Dans 10, 15, 20 ans on constatera très probablement une nouvelle aggravation des inégalités éducatives, de l'échec scolaire et, finalement, de la mauvaise adéquation des compétences aux besoins de l'économie et de l'évolution technologique.
Il sera temps de pleurer sur le déclin ou sur l'échec de la « société de la connaissance ».

dimanche 10 janvier 2010

L'éducation à l'éducation

Les systèmes éducatifs français et, pour ce que j'en sais, dans la plupart des pays de l'OCDE «buttent» depuis 30 ans à assurer une progression du niveau global de la formation des jeunes. Une limite aurait été atteinte, par exemple le nombre de jeunes bacheliers ? malgré les politiques volontaristes qui se sont succédées, soit au niveau national, soit au niveau européen («stratégie de Lisbonne»).

La thèse que je veux exposer est que cette situation est, en fait, acceptée et implicitement voulue. Les travaux prospectifs sur l'emploi menés au milieu des années 2000 montrent un consensus sur la bipolarisation des besoins :
  • des emplois de plus en plus qualifiés, d'une part,
  • le maintien d'un volant important d'emplois non qualifiés, d'autre part.
Ce second besoin, associé au vieillissement de la population (pour être très clair : il n'y a pas besoin de faire des études poussées pour torcher les vieillards dans les maisons de retraite), justifie socialement, à mon sens, le blocage du système éducatif.

Pour modifier cet état de fait, il faudrait une politique d'éducation à l'éducation, visant notamment les futurs et nouveaux parents*. Il m'a été objecté qu'une telle politique serait attentatoire à la responsabilité et à la liberté individuelle des parents. Oui, certainement ... mais serait-ce très différent de l'éducation à l'hygiène, de l'accompagnement de la grossesse, des conseils en matière de santé ou d'alimentation des bébés prodigués aux jeunes mères, etc. ? Ces questions qui semblent aller de soi dans nos sociétés occidentales ne datent que de quelques générations, tout au plus un ou deux siècles.

L'idée de reconnaître que le bébé est une personne, en tout cas un être capable de communiquer dès la naissance, voire avant, a 30-40 ans (merci à Françoise Dolto**). Cette idée n'est, d'ailleurs, pas partagée par toutes les couches de la société et, semble-t-il, pourrait régresser. En revanche, elle a montré qu'il est possible en quelques années de modifier le comportement des familles et des professionnels sur un sujet où les préjugés sont construits et transmis depuis des millénaires.

Par ailleurs, il est connu que les meilleurs résultats scolaires sont obtenus par les familles d'enseignants. Ce corps n'est pas constitué depuis suffisamment de générations pour qu'on puisse estimer qu'il y a sélection naturelle ... que les enfants d'enseignants seraient, par nature, plus aptes que les autres à bénéficier de l'enseignement.
Il y a évidemment une très forte dimension sociale dans les échecs scolaires, mais les résultats dépendent d'autres facteurs comme la région, le sexe, etc. Autrement dit, la «fatalité» est relative et, donc, peut être combattue.

J'en reviens à ma thèse initiale. Si cette situation perdure depuis 30 ans ... c'est qu'elle est globalement acceptée et implicitement voulue par certains. Il n'est qu'à voir les cris d'orfraie poussés à propos du seuil de 30% de boursiers dans les grandes écoles pour se rendre compte que Coluche a toujours raison : certains sont plus égaux que les autres !

Une sous-thèse porte sur l'éducation des garçons. L'idée est que l'attente des familles vis-à-vis des garçons, encore plus s'ils sont les ainés de la fraterie, va les handicaper sur le plan scolaire. Selon les milieux et leurs préjugés cela fonctionnerait de manière opposée mais aboutirait à des résultats similaires. Soit, le milieu estime que les garçons vu leur rôle futur de producteur manuel n'ont pas besoin d'apprendre à l'école***, soit, le milieu leur demande de produire des résultats largement au-delà de leurs aptitudes du moment. Dans tous les cas, cela produit les échecs scolaires observés.

En outre, tant que le débat restera cantonné au rôle de l'école et des enseignants cela signifie, à mes yeux, qu'il n'y a pas de volonté politique et sociale de changer la situation. En effet, cela revient à occulter le rôle des parents et, surtout, que celui-ci peut faire l'objet d'un apprentissage.
Le débat au niveau de l'école présente également l'immense avantage socio-politique d'avoir désigné les «coupables».

En guise de conclusion provisoire, je trouve qu'il serait largement temps de se préoccuper de l'école de la «première chance», c'est à dire l'école des parents - comme disait Makarenko - alors que l'école de la «deuxième chance» n'est qu'une mesure de mauvaise conscience.



*) «une jeune mère reçoit à la naissance de son premier enfant des conseils pour assurer sa santé et son alimentation ... mais rien sur l’éducation». Jean-François Amadieu au cours de l’émission « 7-9 » de France Inter du 24 mai 2008 avec Fadela Amara.
**) et beaucoup d'autres ...
***) voir les travaux québécois, déjà cités, qui proposent des pistes corrèlant stéréotypes sexistes, niveau d’éducation des parents et différences de réussite des garçons et des filles - articles de Pierrette Bouchard et Jean-Claude ST-Amand.