dimanche 13 décembre 2009

Peut-on éviter d'être raciste ?

J'ai dit ailleurs être «né [...] dans une famille communiste d’instituteurs avec, donc, beaucoup d’idéalisme».
Les grands principes, le culte de la libération des peuples opprimés ne sont pas exempts d'une certaine naïveté et, paradoxe ?, d'une certaine condescendance.
La forme la plus dangereuse de cette condescendance est la volonté, très commune tant qu'on n'a pas eu à assumer la co-responsabilité quotidienne d'une famille, de faire le bonheur des autres malgrè eux. Dans nos sociétés, très protégées pour une bonne part de la population, cette non conscience de la réalité peut durer longtemps.
J'ai découvert une forme insidieuse : il y a quelques années, pendant un journal télévisé présentant un Gouvernement d'Afrique noire, je me suis rendu compte que ces ministres noirs ne me semblaient pas crédibles. Résultat d'un bourrage de crâne médiatique sur les fantoches, la FrançAfrique ? probablement ... mais pas seulement. Le romantisme «révolutionnaire» français a aussi baigné dans un enseignement où la France était le centre du Monde et donc moi, Français, suis quelque part un être un peu supérieur aux autres ?

Avez-vous remarqué que les planisphères sont centrées sur le pays de leur éditeur ?

vendredi 11 décembre 2009

C'est quoi l'ambition ?

Cette question me turlupine depuis ce matin (c'est la faute de mon médecin, il m'a prescrit la marche à pied et c'est le genre d'activité d'où je reviens avec des questions et des idées).

Est-ce que c'est nécessairement individuel?
Est-ce que le souci du travail bien fait en fait partie?
Est-ce qu'on peut avoir l'ambition de bien servir une cause collective?

Est-ce qu'il est «normal» de marcher sur la tête du voisin, du collègue, du subordonné?
Dans le monde tel qu'il est, est-ce qu'il est possible de réussir seul?

Pour ce soir ça suffit.

L'ENA, lessiveuse de talents ?

A la fin des années 80, un collègue, jeune économiste de talent, m'avait expliqué que l'ENA, en attirant les meilleurs des esprits «littéraires», avait asséché une grande partie de l'intelligence française.

La question n'est plus est-ce que c'est vrai? mais plutôt comment en sortir?

Je propose une réponse : allez visiter le blog de Paul Jorion.

Heureusement, aussi, Canal+ existe et a permis l'éclosion des Guignols de l'info, Jamel Debbouze, Omar et Fred et combien d'autres.

jeudi 10 décembre 2009

Management IV

Le parti de masse ... comment manoeuvrer un paquebot ?

En 1973, si mes souvenirs sont bons, après avoir «inventé» le programme commun, le Parti a d'abord lancé une campagne de comm pour crédibiliser l'Union de la Gauche. Non sans qqs réticences de vieux militants qui accusaient les socialistes d'être des traitres - par nature.

Ensuite, il a du y avoir une élection législative. Les résultats aux partielles, les sondages montraient que l'Union de la gauche profitait au PS. Donc, à qqs semaines de l'échéance, changement de cap: l'Union oui, mais le Parti c'est le meilleur pilier. Les réfractaires à l'alliance avec le PS s'en sont donné à coeur joie ... et de taper à bras raccourci sur les sociaux-traitres.

Le résultat, sauf erreur, a été un recul du Parti: finalement nous avions peut-être commencé à scier notre branche.

Mais les leçons que j'en tire c'est:
- que le parti n'était certainement pas le monolithe (ou le paquebot) que certains prétendaient,
- que Nicolas Sarkozy et ses conseillers ne sont pas de meilleurs tacticiens que les dirigeants du PCF (voir le débat sur l'identité nationale qui leur revient dans la figure),
- qu'il est très difficile de mener une politique «dialectique*».

Je n'ai pas de solution, en revanche je pense que les blogs permettent des débats beaucoup plus riches, réfléchis et constructifs que les discussions orales même structurées.
J'ai assisté hier à un cours de philo** dont l'un des thèmes était l'immanence ou l'art de laisser le cerveau faire cuire les idées à feu doux pour tirer le meilleur.
Le PCF- celui que j'ai connu et pratiqué - était un intellectuel collectif, peut-être que si les blogs avaient existé aurait-il été plus efficace?

*) au sens: gérer des contradictions secondaires.
**) vous aurez les références dès que mon copain me les aura données ... j'ai oublié.

mercredi 9 décembre 2009

Management III

Fin 1973, en octobre je crois, le PCF était à l'offensive sur le programme commun et l'union de la gauche.

Une manifestation importante avait été organisée et avait obtenu un beau succès (je ne sais plus la date exacte - un mercredi d'octobre? - ni le thème).
Le soir ou le lendemain, il y avait une réunion du comité fédéral de Paris, où j'avais été élu qqs mois avant. J'étais donc un jeune blanc bec pour la centaine des autres camarades chevronnés (dont Paul Laurent, Henri Fiszbin ...).

La veille de la réunion, j'avais entendu à la radio une brève sur des problèmes aux Pays-Bas à propos du pétrole (sur les prix ou sur des restrictions?).
J'ai eu l'intuition que le thème du pétrole pouvait être repris par la droite française pour reprendre l'initiative dans la bataille des idées. J'en ai discuté dans la journée avec un collègue (JOA) qui m'avait encouragé à porter cette intuition au comité fédéral.

Au milieu du débat où les propos étaient globalement de l'auto-satisfaction sur la réussite de la manif, j'ai demandé la parole et ai dit qq chose comme "Et si maintenant les médias lancent une campagne sur le thème du pétrole cher et rare, qu'est-ce qu'on fait?".
Silence dans la salle, puis la discussion a repris son cours. Le blanc bec ne pouvait pas être entendu?

Hier soir, j'ai entendu C. Allègre sur Canal+. Il a dit que la collectivité scientifique ne doit pas fonctionner par consensus (qq chose comme ça).
Je pense qu'il a totalement raison et que la censure, l'auto-censure (parfois simplement la peur du ridicule) font perdre un temps considérable dans la réflexion collective et la prise des meilleurs décisions possibles.

mardi 8 décembre 2009

Management II

Les élections au PCF.

De ce que j'en ai connu, il est vrai que c'était plutôt un système de cooptation.

En revanche, le système visait à préserver les équilibres en fonction du milieu social local:
- par exemple "quotas" de femmes, de jeunes,
- camarades expérimentés et promotion de nouveaux militant(e)s reconnu(e)s pour leur engagement et leur dynamisme.

Il y avait un risque de sclérose, notamment dans les cellules de quartier tenues depuis parfois des décennies par les mêmes (Maman Canard pourra vous raconter son vécu).
Dans la cellule et la section d'entreprise où j'ai milité dans les années 70 ce système a été efficace. La conception du Parti qui y régnait était celle d'un outil politique au service d'une cause commune.

La commision des candidatures présentait à la fin de ses discusions une liste.
Effectivement, il n'y avait pratiquement jamais de candidat libre ou auto-présenté ou représentant un courant*.
Mais il n'y avait jamais non plus de battu, pas d'amertume, de discussions orageuses et malheureusement médiatisées comme en voit depuis qqs années dans le PS.

*) le fonctionnement du centralisme démocratique n'interdisait pas qu'un camarade n'ayant pas voté la ligne majoritaire soit élu. Il avait eu le droit d'exprimer son opinion, s'il était élu il était tenu d'appliquer les décisions majoritaires. Il y a eu des exceptions notables et célèbres, mais seuls qqs «pointures» se le sont permis.

Tomcat et Struts pour les nuls

Il y a qqs années j'ai eu droit à des présentations de Tomcat (serveur d'application) et de Struts (framework structuré) par des experts démontrant à la fois leur compétence et le besoin que nous, pauvres ignares, avions d'eux.

Depuis, j'ai un peu bricolé avec ces outils.

D'après ce que j'ai compris à l'usage, Tomcat est un moteur qui s'appuie sur une machine Java pour gérer des entrées/sorties et faire fonctionner des modules de gestion ou de calcul.

Comme les navigateurs (IE, Fierefox, etc.), outils de plus en plus puissants, sont essentiellement chargés de convertir du HTML en écrans de texe lisibles par les internautes, il faut que les réponses en sortie de Tomcat soient du HTML qui sera donc interprété par le navigateur.

Struts fournit une certain nombre de fonctions pour faciliter la génération du code HTLM (éviter de réinventer l'eau tiède pour chaque appli) et y placer au bon endroit les résultats provenant des programmes Java.

C'est très puissant et plutôt bien fait.

Ce que j'ai fini par comprendre et sauf erreur de ma part, c'est que les principes de cette technologie existent, au moins, depuis les années 70. J'ai utilisé des logiciels comme Argos-C (créé par l'INSEE) et Troll (MIT) - mais il y en a certainement beaucoup d'autres - contenant des fonctions «macro» dont le but était de générer du code en fonction de paramètres à partir d'un noyau fonctionnel plus ou moins simple.